Médiation

Lors du séminaire de lancement de P@trinum le 28 septembre, Patrick Fraysse (Université de Toulouse / IUT Paul Sabatier) détaillait les enjeux du rapport entre patrimoine et médiation numérique. Il lançait ainsi un des axes de réflexion du programme côté recherche : la définition de la notion de médiation numérique du patrimoine.

Patrick Fraysse note combien la définition de « médiation numérique du patrimoine » se rapporte d’abord à des « objets ou dispositifs qui permettent l’accès à des informations ou à des ressources et un partage des avis des acteurs du patrimoine et des publics du patrimoine ». La médiation est donc à la fois un accès et un partage de sens ; ici, elle fait office de « tiers » entre le patrimoine et ses publics ; le tiers peut être une personne ou un dispositif numérique, et il n’est jamais un « passeur neutre », car il y a transformation du sens. Régis Debré : « la médiation élabore ce qu’elle médiatise. »

Fraysse souligne qu’on s’intéresse souvent plus à l’accès qu’à ce qu’en font les publics ; sur ce dernier aspect, on manque encore de résultats. Il ne faut pas non plus oublier toute la logistique que nécessite la médiation : il faut rendre accessible un savoir autant qu’un plaisir de l’oeuvre (surtout dans un musée), il faut aussi une présence pour aller au-delà de l’appréhension spontanée de l’oeuvre. La médiation numérique, c’est aussi une redocumentarisation des objets patrimoniaux ; aujourd’hui cette redocumentarisation par le numérique est vue comme une plus-value, encadrée par des « discours d’escorte » qui jouent la surenchère (le « musée augmenté »). Enfin, Fraysse souligne combien « l’écran peut faire écran » à l’objet patrimonial, le supplanter : il faut veiller à conserver la relation ternaire entre l’oeuvre, le dispositif et les publics.