La médiation numérique du patrimoine dans le cadre de l’EAC – Retours sur le stage P@trinum

By | 20 décembre 2017

La première formation P@trinum s’est déroulée les 28 et 29 novembre derniers. Ce stage, conçu par Médiaquitaine avec le soutien de la DRAC Nouvelle Aquitaine, de la DAAC de Bordeaux et de l’ESPE d’Aquitaine, avait pour but d’accompagner les stagiaires, enseignants et bibliothécaires essentiellement, dans l’appréhension d’une méthodologie permettant de monter un projet d’EAC qui débouche sur des productions numériques. Concilier expérience sensible et usage du numérique, faire collaborer enseignants et acteurs culturels (bibliothécaires, personnels des musées ou des archives), étaient les maîtres-mots de ces deux jours de réflexion…

Le stage a débuté par une brève présentation du projet P@trinum, dans ses dimensions tant institutionnelles, pédagogiques que scientifiques, par Elisabetta Pomiato (DRAC Nouvelle Aquitaine), Sophie MOUGE (DAAC de Bordeaux) et Karel Soumgnac (ESPE d’Aquitaine).

Les retours d’expérience sur l’action académique Manuscrits Médiévaux d’Aquitaine présentés par Pascal Ricarrère-Caussade (Bibliothécaire), Jean-Jacques Rouger (Bédéiste) et Sonia Pelletier (Enseignante) ont ensuite permis d’évoquer, avec Jessica de Bideran (Université de Bordeaux) et Nelly Turonnet (DAAC), les usages constatés des élèves et d’insister sur l’importance des partenariats à nouer pour provoquer une succession de médiations (culturelles, pédagogiques, numériques, etc.) permettant d’immerger les élèves dans un « écosystème » patrimonial plus large que celui proposé par les seules ressources numériques. La bibliothèque de Bordeaux, en la personne de Clotilde Angleys (Conservatrice), a ainsi proposé de réfléchir à une itinérance des manuscrits médiévaux. A l’opposé de cette chaîne d’appropriation et d’engagement, le module d’écriture et de création du site Manuscrits Médiévaux pourrait tout à fait être isolé de la base de données et être exploité par toute structure proposant en ligne une bibliothèque numérique de fonds iconographiques…

La table-ronde s’est terminée par une présentation des trois grandes questions qui ont ensuite infusé les deux ateliers de travail :
– la méthodologie (partenariat/coopération/collaboration)
– la motivation (l’engagement des différents acteurs dans le projet)
– les objectifs (compétences vs appropriation)

Après une présentation par Elise Chomienne (Université Bordeaux Montaigne) d’une méthodologie et d’outils de coopération/collaboration, les stagiaires se sont répartis dans les deux groupes de travail.

1. Le premier était intitulé « Faire construire une narration transmédia à des élèves » et était animé par Jessica de Bideran et Mélanie Bourdaa (Université Bordeaux Montaigne). Après un rappel du principe de l’écriture transmédiatique, quelques études de cas ont permis d’analyser comment ces logiques sont utilisées par des projets de valorisation patrimoniale. Le groupe s’est ensuite divisé en sous-groupes qui ont été mis en situation afin de créer une narration transmédia à partir de deux projets intégrés à P@trinum : Les Voies d’Aliénor et Mauriac en ligne.

Le groupe travaillant à partir des ressources accessibles depuis le site Mauriac en ligne a ainsi souhaité mettre en place une narration permettant de découvrir les multiples visages de Mauriac en engageant les élèves dans une enquête autour de « Mauriac résistant » (1941-1944). L’investigation (la recherche d’information), les rencontres et les visites culturelles (sur les « lieux de mémoire ») sont pensées in fine comme les différents moments permettant de produire un journal d’enquête éclaté sur différents médias.

Scénario transmédia proposé notamment par Johan Hiriart, Chargé de projet web et de médiation culturelle au Rahmi et Carole Feidt, Professeur.

2. Le second groupe de travail, intitulé « Impliquer les élèves dans un projet collaboratif de collecte et d’indexation », était animé par Catherine Carponsin-Martin (CLEM) et Marie-Claude Rage (DAAC). Après quelques retours d’expériences sur le projet Voir le monde en 3D, les objectifs de l’atelier ont été détaillés. Il s’agissait donc de savoir ce qu’est une base de données, de comprendre en quoi consiste l’indexation et de quoi est l’héritière la 3D d’aujourd’hui. La démarche d’enquête a été au cœur de la méthodologie proposée.

Ainsi le collège de Beaumont-du-Périgord, engagé sur « l’action Construire l’Art Roman », a commencé à produire une carte mentale présentant la démarche d’enquête qui sera mise en œuvre. Des prises de vue et des traces seront recueillies directement dans le paysage proche des élèves puis seront versées dans la base de données et indexées au sein du nouveau dispositif « Cathédrales numériques » en cours de reconstruction par Cap Sciences.

</ br>
Les trois grandes témoins, Elsa Pujos (DAAC), Clotilde Angleys et Camille Capelle (Université de Bordeaux) ont ainsi résumé les échanges :

En tant que bibliothécaire, Clotilde Angleys est revenu sur le fait qu’à plusieurs reprises les acteurs des bibliothèques en présence ont souligné la difficulté pour eux de s’inscrire dans des projets éducatifs autrement qu’en étant un simple support aux projets des enseignants. Pour autant, l’atelier sur l’indexation a bien montré qu’il existe un réel besoin de sensibilisation et que les bibliothécaires ont leur place…

Du coté des enseignants-chercheurs ayant fait un premier travail d’observation durant l’année 2016-2017, Camille Capelle a souligné que d’une façon plus générale, les projets tels qu’ils sont présentés dans le dispositif P@trinum (les titres des projets, leur description) ne permettent pas toujours aux enseignants de bien comprendre les possibilités et de se projeter… La communication sur les projets P@trinum est donc à réfléchir ainsi que la mutualisation des dispositifs.

Enfin, Elsa Pujos a rappelé, qu’en tant qu’enseignante, il lui semble nécessaire de remettre de l’éducation à l’information dans l’EAC, d’autant plus si on travaille sur le patrimoine numérisé…

Des besoins transversaux ont ainsi été identifiés :
– Mieux faire le lien entre les fonds numérisés et les programmes scolaires des élèves.
– Impliquer de façon plus forte les élèves dans la recherche d’informations sans les décourager.
– Imaginer, enfin, des restitutions valorisantes pour les élèves et les diffuser par un site bien identifié.

Marie-France Andral (Médiaquitaine) a conclu le stage en précisant notamment qu’un deuxième stage de formation sera proposé dans le cadre de P@trinum. Les objectifs de ce stage restent à définir.